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Jacques

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frontpage"La figuration, une expérience passionnante”

En 2007, je me suis lancé dans la figuration. Le hasard. Sur la porte à l’entrée de mon immeuble, un avis de tournage dans le quartier et les nuisances induites qui allaient occasionner quelques gênes aux riverains. La production s’en excusait d’avance.

Intrigué, j’appelais cette dernière afin de savoir si des figurants étaient encore les bienvenus. Contre toute attente on me répondit oui. Le tournage se déroulait au bout de ma rue, en haut de l’avenue de Sceaux, dans un petit jardin régulièrement fréquenté par les enfants, les étudiants. Des bancs, quelques allées, des jeux pour les petits, j’y passais quelques moments au soleil l’été avec un journal.

Le film, ‘’Bancs publics’’ du metteur en scène versaillais Denis Podalydès, entrait dans une série de films sur sa ville Versailles. De nombreux comédiens connus avaient accepté tout un tas d’apparitions et de petits rôles.

Le jour du tournage, un superbe soleil plombait le secteur. Je me retrouvais avec d’autres figurants dans un local près de chez moi, la matinée étant consacrée aux formalités, aux papotages entre inconnus, un café, des moments que j’allai connaître à plusieurs reprises, dans la mesure où cette première expérience allait en appeler d’autres.

Pas de costume, ce film se déroulant à notre époque, la seule exigence étant que nous soyons là, prêt à répondre à tout moment aux souhaits du metteur en scène. Assis sur un banc, debout autour du jardin, je m’amusais à tout observer. Après une heure ou deux, J’étais enfin appelé, on me remettait un blouson en jean, et ma mission consistait à déambuler le plus naturellement du monde dans les allées. Me sachant observé et filmé, ces quelques mètres devenaient un pari à ‘’hauts risques’’, et soudain j’avais l’impression de ne plus savoir marcher comme à mon habitude ! Quelques prises et plus rien, l’après-midi consista pour moi à bavarder avec des collègues de rencontre. Pas vraiment épuisant. Je faisais connaissance avec une vieille dame, habituée des figurations en tous genres, qui me donna quelques tuyaux et surtout me rencarda sur un prochain tournage en préparation, celui de ‘’Coluche’’ réalisé par Antoine de Caunes.

J’eus quand même une autre scène le lendemain avec deux autres figurants me ressemblant étrangement (barbe et cheveux poivre et sel), un jeune comédien de dix-douze ans et un acteur que je ne connaissais pas. Il jouait avec le gamin au jeu du corps humain dont on retire un os ou un organe. Je le reverrai beaucoup par la suite sur les grands écrans, Patrick Elmosnino qui démarrait là une brillante carrière. Cette première incursion sur les plateaux me plut beaucoup.

Je me rendis donc au casting du futur ‘’Coluche’’ qui recrutait des dizaines de figurants pour une journée au fameux théâtre du Gymnase sur les Grands Boulevards, où le comique avait enflammé la scène durant des années.

J’en profitais pour découvrir le lieu et je me retrouvais tout au fond du théâtre, pour assurer la claque. Je fus ébloui par la prestation de l’ex trader François-Xavier Demaison, et je vis la cuisine du tournage avec Antoine de Caunes, le metteur en scène, casque sur les oreilles donnant ses directives, prenant en aparté son comédien vedette, donnant une consigne à des techniciens, etc…

Au signal, nous devions faire un bruit d’enfer, acclamer la star, taper des pieds, c’était vraiment rigolo et pas trop fatiguant. La figuration, c’est simple, amusant, la seule exigence étant d’être doté d’une patience à toute épreuve. Mais pour un bavard comme moi, toujours avide d’échanger, papoter et connaître de nouvelles têtes, ce loisir (payé) était fait pour moi. Cerise sur le gâteau, à la fin de la journée, alors que je quittais le théâtre, à deux cents mètres du théâtre, je croisais Demaison, et profitais de cette minute pour lui dire toute mon admiration pour son travail.

Très excité par la découverte de cette nouvelle activité qui s’avérait un complément idéal de celle de pigiste, je fouinais les annonces et me rendais au Pôle Emploi dédié aux intermittents du spectacle à Boulogne Billancourt. Trois tournages de Maupassant allaient ainsi se succéder et cette fois en costume, ce qui représentait une étape supplémentaire dans l’intérêt du job.

Car on doit passer par des essayages, puis le jour du tournage par le maquillage, le coiffeur…………… comme de vrais comédiens en fait !

La télévision s’est lancée dans une série de nouvelles de mon auteur préféré, et je me retrouve dans un tournage génial avec Jean-François Stévenin, et Martin Lamotte.

Un décor magnifique d’époque a été reconstitué dans les Yvelines, un rendez-vous champêtre où tout ce monde en costume d’époque vous kidnappe en quelques instants de votre quotidien. Je suis un  Ferblantier (Le ferblantier est celui qui fabrique ou qui vend des outils ou ustensiles en fer-blanc, souvent ménagers tels que les casseroles, bassines, assiettes, lanternes en fer recouvert d'une fine couche d'étain), qui tient une petite échoppe de casseroles et d’objets en  étain, dans un univers de petit marché.

Martin Lamotte dirige une grosse charcutier juste à côté, et Jean-François Stévenin est un petit primeur ambulant, qui va être l’objet d’une horrible injustice, accusé à tort d’avoir insulté un agent, et qui va tout perdre, jusqu’à sa dignité.

Les intermittents du spectacle, comédiens professionnels, sont très nombreux sur ces tournages ; Ils accumulent les cachets pour obtenir le nombre d’heures nécessaires à leur droits au chômage. Vieux routiers, ils ont de la lecture, et s’isolent souvent, connaissant par cœur les rouages d’un tournage. Malheureusement, ils sont également la plupart du temps très aigris de leur situation, petits figurants qu’ils sont juste à côté des stars. Ils en sont aigris, désagréables et distants.

Pour moi, c’est un bond dans le temps extraordinaire, une aventure totalement inédite, et je me délecte de ces moments volés à un quotidien relégué à des années lumières !

Le matin, on doit remplir des formulaires, accepter les conditions de tournage, mais c’est surtout en fin de journée, lorsque tout le monde est épuisé de heures d’attente, souvent à ne rien faire, que la bousculade fait rage pour signer et quitter le plus rapidement possible les lieux !
Le metteur en scène n’est guère sympathique, en revanche, mon voisin commerçant qui gère une ‘’librairie’’ est un bel homme de 50 ans et un vrai comédien, qui est, lui, très sympathique. Son épouse appartient au cercle des figurants également. J’échange volontiers avec lui. Je prends mon ‘’rôle’’ très au sérieux, je m’active, range ma boutique, lorsque la caméra s’active….. car en observant les autres, je me suis  rendu compte qu’il faut donner de la vie à tout ça et que c’est justement le job des figurants. Sans eux, il n’y a pas d’ambiance et encore moins de film. Donc nous sommes utiles, ne serait-ce que par le bruit de fond, les passages, et autant faire quelque chose. Certains cherchent à se faire remarquer à tout prix et ça devient un peu pathétique. Et puis, moi, je suis motivé, ça me plaît et je ne sais pas encore vraiment par manque d’expérience que j’ai peu de chance d’apparaître à l’écran, même  dix secondes. Pourtant je suis dans l’axe de la caméra et j’y crois……….

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